Pierre Digan (à gauche) à La Borne, parution dans "Elle" vers 1965 Au plus fort de sa splendeur potière, Digan a ouvert une galerie, rue des Francs Bourgeois à Paris. Il exporte sa poterie utilitaire jusqu’aux États Unis. En association avec d’autres artisans, il vend même des claustras et autres décors de grès aux grandes entreprises de la France de Giscard : les sièges et bureaux de Publicis, de la Sacem, d’Air Inter, de Rochas ont été agencés avec du grès de La Borne : "Il y avait un goût pour l’artisanat et le fait main créatif, doté d’un design contemporain. À l’atelier, on vendait encore des services complets de vaisselle de grès. C’était une époque un peu folle"

En 1978, c’est la crise, le grès est moins à la mode : dépôt de bilan, conflits en tous genres. Il décide de passer à autre chose. Homme sans futur, il s’accommode aussi des ruptures. Avec le recul, l’échec est théorisé : "Notre société est rentrée à ce moment là dans une époque d’abondance qui a épuisé notre capacité d’intérêt pour les choses nouvelles et de valeur. On est tombé dans un gouffre de consommation", déplore l’ex roi des potiers. C’est "à bord d’un vieux fourgon et avec juste 50 francs en poche", qu’il a débarqué dans le Limousin il y a trente ans.

Une cinquantaine de sculptures monumentales sont à voir au Pré aux sculptures à Saint-Martin-Château (Haute-Vienne):


Aujourd'hui, Pierre Digan possède une galerie à Limoges et se consacre donc toujours à la céramique...De notre côté, nous passerons octobre à la bougie.